Delphine de Mortebise, que certains connaissent sous le
surnom de Sina, possède une beauté froide et aristocratique qui attire autant
qu’elle tient à distance.
Sa silhouette fine, son maintien noble et son regard mesuré trahissent une
éducation ancienne, presque étrangère aux usages de ce monde.
Elle dégage l’impression d’une jeune femme habituée aux salons, aux
bibliothèques et aux champs de bataille arcaniques, mais que l’exil a forcée à
apprendre la discrétion.
Son sang d’ondine se manifeste avec subtilité : une pâleur
nacrée, une affinité instinctive avec l’eau, et cette étrange impression que
l’air autour d’elle devient plus frais.
Delphine n’a pourtant jamais réellement exploré cette part d’elle-même. Elle
sait que l’eau lui répond mieux qu’aux autres, mais ignore encore la véritable
origine de cet héritage.
Delphine est une jeune femme élancée, au port droit et
gracieux. Son visage pâle, aux traits fins, porte une élégance presque sévère.
Ses yeux emeraude expriment une intelligence vive, mais aussi une retenue
constante, comme si chaque émotion devait être pesée avant d’être offerte au
monde.
Sa longue chevelure noire, sombre comme l’encre, tombe en mèches souples autour
de son visage et de ses épaules jusqu'au bas de sa croupe.
Sous certaines lumières, elle semble prendre des reflets bleutés ou argentés,
rappelant la surface d’une eau nocturne. Ses gestes sont précis, économes,
souvent empreints d’une discipline acquise auprès de maîtres exigeants.
La pâleur de Delphine n’est pas maladive, mais presque
minérale, comme celle d’un coquillage ou d’une perle. Lorsqu’elle utilise la
magie, de fines traces d’humidité peuvent apparaître sur ses doigts, sur les
pages de ses grimoires ou dans l’air autour d’elle. Les flammes proches
vacillent parfois comme sous l’effet d’un souffle marin invisible.
Elle porte aussi les marques discrètes de son rang perdu : une manière de
parler, de se tenir, d’observer les blasons et les titres avec une attention
instinctive. Même lorsqu’elle tente de se fondre dans la foule, Delphine garde
quelque chose d’indéniablement noble.
Delphine privilégie les tenues sombres, sobres et élégantes,
adaptées à une magicienne qui doit voyager sans renoncer à sa dignité.
Ses vêtements mêlent étoffes raffinées, cuir souple, gants fins et détails
pratiques permettant de porter composants, parchemins et petits objets d’étude.
Elle conserve toujours un grimoire soigneusement entretenu, il porte le symbole de la prestigieuse Acadamae de Korvosa, ainsi que quelques accessoires issus de son ancienne vie : une broche, un ruban, un fermoir ou un symbole discret rappelant la maison de Mortebise. Rien d’ostentatoire, mais assez pour que ceux qui savent lire les signes comprennent qu’elle n’est pas née dans la poussière des routes.
Son familier, un petit Axolotl aux traits draconiques, l’accompagne souvent. Il se tient près d’elle, sur son épaule, dans ses affaires ou parmi ses livres, comme un gardien de ses secrets.
Delphine est réservée, intelligente et profondément disciplinée.
Elle parle avec soin, choisit ses mots, et semble rarement se laisser emporter par l'impulsion.
Son éducation noble lui a appris à masquer ses faiblesses derrière la courtoisie, la distance et le contrôle.
Lorsque le masque tombe et que la nuit ou la solitude lui permet enfin de ne plus porter le poids de la
noblesse, Delphine se montre aussi gourmande en met raffiné que studieuse en magie.
Elle peut procrastiner des heures comme à l'époque de son adolescence de jeune Maitresse, seul son fidèle
familier est autorisé à voir cette partie de sa personnalité.
En combat, sa magie reflète son tempérament : précise, tactique, méthodique. Delphine n'aime pas
gaspiller sa puissance. Elle observe, analyse, puis frappe au moment juste.
Sous cette façade froide se cache pourtant une âme blessée. Delphine porte le deuil d'une famille brisée,
d'un foyer perdu et d'un frère jumeau qui s'est enfoncé dans les ténèbres. Elle n'est pas dénuée de
compassion, mais elle la protège jalousement, car chaque attachement pourrait devenir une nouvelle faille.
Delphine cherche d'abord à survivre. Elle a fui un monde en guerre, a perdu son rang, sa famille et la
sécurité de son nom.
Aujourd'hui, elle a besoin d'argent, d'alliés et d'un endroit où disparaître assez longtemps pour reprendre
des forces.
Mais sa véritable motivation est plus profonde : elle veut comprendre ce qui est arrivé à sa maison,
retrouver la vérité sur la disparition de sa mère, et peut-etre un jour affronter Kahalka, son frère jumeau
devenu nécromancien.
Elle ignore encore si elle souhaite le sauver, le condamner ou simplement obtenir de lui une réponse.
Delphine sait qu'elle n'est pas prête. C'est pour cela qu'elle avance, apprend, accepte les quêtes et se forge
peu à peu une nouvelle place dans ce monde.
Comme ses mentors le lui enseignèrent, le savoir c'est le pouvoir !
Delphine à l'image de ses précepteurs est une collectionneuse, la magie la passionne et le savoir la nourrit.
Elle cherche la magie sous toutes ses formes et sait qu'elle n'aura sûrement pas assez d'une seule vie pour
cela, parchemin sortilège peu commun rare voir unique et oublié, voilà ce qui la fait vibrer bien plus que les
hommes ou que tout l'or du monde.
Delphine accorde difficilement sa confiance. Elle peut se montrer polie, même agréable, mais cela ne
signifie pas qu'elle ouvre son cœur.
Les liens sincères sont pour elle des choses rares et dangereuses dans le monde de noblesse où elle a
grandit, tout est une arme.
Elle garde une profonde gratitude envers Arunsun, son mentor, qui l'a sauvée en la jetant à travers un
portail alors que le château de Mortebise tombait aux mains des révolutionnaires. Elle ignore ce qu'il est
devenu.
Son père, le duc Christobal de Mortebise, demeure pour elle une figure d'autorité, de devoir et de tragédie.
Sa mère, Sinafae, portée disparue depuis longtemps, hante encore son histoire comme une absence jamais
refermée.
Son frère Kahalka est sa blessure la plus intime. Jumeau, héritier du même sang, il est devenu un
nécromancien avide d'immortalité. Delphine ne peut penser à lui sans ressentir colère, tristesse et
culpabilité.
Autant de personne qui ne sont pas de ce monde et qu'elle ne reverra peut être jamais.
À Korvosa, Eila, la patronne de la librairie du Dracolivre, fut l'une des rares personnes à lui offrir aide et
protection. C'est elle qui l'a recommandée auprès de Welbby, intendant de la guilde Ravélienne.
Delphine de Mortebise vient d'un autre monde, un autre plan d'existence, ou la maison de Mortebise
régnait sur un duché ancien.
Elle est issue d'une longue lignée de puissants magiciens, élevés dans l'idée que la magie est à la fois un
privilège, une arme et une responsabilité.
Son monde natal fut bouleverse lorsque le Conseil de la Magie tenta de renverser son père, le duc
Christobal de Mortebise.
Durant cette nuit sanglante ou elle resta cachee avec sa garde personnelle, une voix lyric chanter, comme
une supplique éthérée qu'elle seule semblait pouvoir entendre à ce moment.
Elle lui suppliait de ... fuir
"Sors et fuis,
Je t'en prie ,
fuis cet endroit maudit
Eloignes toi de cette vie rêvée
Chaîne de ta liberté."
La voix n'avait pas de nom, pas d'autre mérite que d'accompagner lyriquement la tragédie sanglante de
cette révolution.
Le coup d'État plongea le duché dans la guerre civile. Alors que le château tombait et que la famille ducale
était menacée d'extermination, Arunsun, mentor de Delphine, la sauva en la projetant de force à travers un
portail avec son familier.
Elle ne put échapper à son destin et à cette voix qui lui supplia de fuir, enragée à l'idée d'avoir été soumise
à un destin acté, Delphine atterrit seule à Korvosa, en Varisie.
Sans fortune reconnue, sans titre valable dans ce monde et sans protection, elle devait comprendre
comment rentrer chez elle, là où était sa place mais les quelques tours de magie qu'on lui avait enseigné
étaient bien loin de pouvoir la transporter entre les mondes.
Elle mis tout en œuvre integrer la prestigieuse Acadamae; l'ecole de magie, qui attire des etudiants venus
de contrées aussi lointaines que Geb . Elle exige de ses élèves la reussite d'un examen difficile dans cette
discipline pour obtenir leur diplôme.
Les trois premières années en tant qu'apprenti devrait lui suffire à étudier les bases du transport inter-
plannaire pensait elle.
Sans argent, elle travaillait en plus de ses études comme libraire au Dracolivre, sous la protection discrète
d'Eila qui subventionnait ses études partiellement en échange de ses services très appréciés des clients.
Lorsque des enquêteurs semblèrent retrouver sa trace en Varisie, Delphine comprit qu'elle ne pouvait plus
rester. Sur les conseils d'Eila, elle prit la route d'Absalom, la plus grande cité du monde, où l'anonymat du
nombre pourrait lui offrir un sursis.
La supplique éthérée en mémoire, elle espère ainsi devenir Maîtresse de son destin.
Delphine rejoint la guilde Ravélienne par nécessité autant que par espoir. Recommandée à Welbby par Eila
du Dracolivre, elle voit dans la guilde une chance de gagner rapidement de l'argent, de disparaître dans une
organisation plus vaste, et de développer sa puissance loin de ceux qui la recherchent.
Elle ne se considère pas encore pleinement Ravélienne car la guilde n'est qu'un moyen pour arriver à ses
fins.
Pour elle, il s'agit d'abord d'un refuge, d'un moyen de survivre et d'un tremplin vers une reconstruction plus
grande. Pourtant, au contact des autres aventuriers, Delphine pourrait découvrir ce qu'elle croyait perdu :
une communauté, des alliés, peut-être même une nouvelle maison.
Elle garde toutefois ses secrets. Peu sauront d'ou elle vient reellement, et moins encore connaissent le nom
de Mortebise ou l'existence de Kahalka.
Delphine et Talia sont deux réponses différentes au même mystère.
Elles se sont rencontrées à Korvosa, près de l’Acadamae, lorsque Talia enquêtait pour la Concordance sur une anomalie élémentaire discrète : plusieurs bassins, fontaines et canalisations de la ville se mettaient à refléter non pas le ciel de Korvosa, mais des paysages impossibles du Plan de l’Eau.
Delphine, encore étudiante avait remarqué le même phénomène dans des notes occultes conservées à l’Acadamae.
Delphine voyait Talia comme une intruse dangereuse, une espionne étrangère rôdant autour de secrets académiques. Talia voyait Delphine comme une noble magicienne trop sûre de ses livres, incapable de comprendre que l’eau n’obéit pas toujours aux formules.
Puis elles furent forcées de coopérer.
Dans les sous-sols de Korvosa, elles découvrirent une ancienne citerne oubliée, plus ancienne que certains quartiers de la ville. L’eau y était noire, immobile, parfaitement lisse. Delphine sut identifier les symboles gravés autour du bassin ; Talia sut comprendre le courant absent, le silence anormal, la manière dont l’eau “retenait son souffle”.
C’est là que leur lien s’est créé.
Delphine sauva Talia d’un piège magique qu’elle n’aurait jamais pu voir. Talia sauva Delphine d’une entité aquatique qui n’apparaissait dans aucun traité.
Depuis, elles se respectent profondément, même si elles ne se ressemblent pas.
Delphine est le miroir sombre, aristocratique, lettré, presque gothique.
Talia est la vague libre, instinctive, mobile, attirée par l’horizon.
Delphine est une magicienne de bataille noble et exilee, accompagnee d'un familier lie à son pouvoir
arcanique.
Elle maîtrise sa magie avec rigueur, mais ignore encore beaucoup de choses sur son sang d'ondine et sur
les origines profondes de son affinité avec l'eau.
Elle peut paraître froide, distante ou hautaine au premier abord, mais cette attitude masque surtout la
peur d'être retrouvée, la douleur de son exil et le poids d'une famille detruite.
Ses principaux fils narratifs sont :
· les agents ou enquêteurs lancés sur sa piste ;
· le destin du duché de Mortebise ;
· la disparition de Sinafae, sa mère ;
· la survie éventuelle de son père ou de son mentor ;
· la corruption de son frère Kahalka par la nécromancie ;
· l'éveil progressif de son héritage ondine ;
· l'évolution de son familier lui aussi natif de son monde d'origine.