Profil Joueur

Félicia & Zip

Apparence

Description physique générale

Félicia est un petit bout de femme d’environ 1.40m, à la peau basanée des gens qui passent du temps dehors. Elle arbore une tignasse blanche qui arrive jusqu’à sa nuque, mal peignée comme si elle y accordait peu d’importance, à moitié cachée sous un chapeau bleu sombre aux versos turquoise. Ses yeux dorés trahissent un héritage différent qu’une simple humaine. Sa tenue est simple, un haut turquoise, un short bleu sombe, une cape de voyage sur les épaules, de la même couleur que son chapeau. Une sacoche en bandoulière, des bottes sombres, et un bâton complètent sa tenue. 

Zip, quant à lui, est un drôle de mélange entre un chat, une zibeline et un renard, d’une trentaine de centimètres de haut, et d’environ un mètre de long si on s’amuse à l’étaler. Son pelage est majoritairement noir, constellé d’étoiles blanches, avec une partie ventrale blanche. Ses yeux, comme ceux de sa maîtresse, sont dorés.

Histoire

Origine

La vie à Pointesable n’avait rien de grandiloquent. Pas de faste, pas de luxe inutile — et Alessandro s’en satisfaisait parfaitement. Il avait grandi ici, dans ce petit village, dans la maison bâtie par ses parents aujourd’hui disparus, et n’avait jamais eu l’envie d’en partir.

Il avait repris leur métier sans hésitation : la chasse.

Chaque jour suivait le même rythme. Le lever avant l’aube, la préparation silencieuse, les heures passées dans les bois, puis le retour au village, parfois les mains vides, parfois courbé sous le poids d’une carcasse encore chaude. Il ne gaspillait rien. Le cuir allait à la tannerie, la viande au boucher, les os aux artisans. Une vie simple, utile, qui lui convenait parfaitement.

Grand, massif, taillé comme une force tranquille de la nature, Alessandro impressionnait autant qu’il rassurait. Ses vêtements semblaient toujours trop étroits pour sa carrure, son arc trop petit pour ses mains larges, et ses haches ressemblaient presque à des jouets, des outils secondaires oubliées à sa ceinture. Pour les habitants de Pointesable, son retour au soir était un repère aussi fiable que le coucher du soleil. Il avait le regard sévère et l’air dur, et pourtant, son coeur était d’or et sa générosité n’avait pas d’égal. Il partageait volontiers le fruit de ses chasses avec les habitants, était cette figure rassurante que les enfants guettaient le soir.

Et pourtant, il vivait seul. Il n’avait jamais cherché à se marier, ou à fonder une famille. Il préférait sa vie brute et solitaire.

Jusqu’au jour où il revint autrement.

Ce soir-là, il ne portait pas une proie, mais deux petites choses soigneusement calées dans sa main.

La première était une créature longue et souple, proche d’une zibeline ou d’un furet, mais dont le pelage évoquait un ciel nocturne constellé d’étoiles. La seconde était un nourrisson emmailloté dans un linge blanc, à la peau sombre et aux cheveux d’une couleur blanche.

Alessandro était rentré confus.

Il expliqua aux villageois avoir entendu des cris dans les bois et suivi le son jusqu’à un arbre mort. Là, il avait trouvé l’enfant et son étrange protecteur. La petite créature avait cessé de crier en le voyant, s’était dressée sur ses pattes pour l’observer longuement, puis avait laissé faire sans résistance lorsque le chasseur avait pris le nourrisson dans ses bras. Elle avait même grimpé sur sa main, comme si elle décidait silencieusement de le suivre. Alors Alessandro n’avait pas repris sa chasse. Il était rentré.

Les femmes du village prirent immédiatement soin de l’enfant, changeant les linges, nettoyant la poussière de forêt et s’assurant qu’elle respire correctement. Devant l’évidence de cette présence inattendue, et malgré son hésitation, Alessandro prit une décision simple : il la garderait.

Et comme la créature ne quittait jamais l’enfant, glissant partout avec une agilité presque absurde, toujours actif, il lui donna un nom tout aussi simple.

Zip.

L’enfant, elle, fut baptisée Félicia.

Ainsi commença leur vie à Pointesable — une vie tranquille en apparence, rythmée par les courses de Zip dans la maison, ou les rires de Félicia.

Alessandro n’avait jamais pensé être père.

Et pourtant, Félicia avait grandi sous son toit comme si elle y avait toujours eu sa place. Il avait fait ce qu’il savait faire : la nourrir, la protéger, lui apprendre à lire les traces dans la forêt, à reconnaître le vent, à suivre une piste sans la perdre. Il essayait, maladroitement mais sincèrement, de lui transmettre l’art de la chasse.

Mais très vite, il comprit que quelque chose ne prenait pas.

Félicia suivait les exercices avec sérieux, écoutait sans interrompre, observait avec attention… puis, au moment de pratiquer, son regard dérivait ailleurs. Pas vers les animaux ou les pistes, mais vers les choses que personne d’autre ne semblait remarquer : la lumière entre les branches, les formes dans les nuages, les motifs dans la poussière.

Zip, lui, ne l’aidait pas.

Il s’asseyait au milieu des entraînements comme s’il jugeait poliment les méthodes d’Alessandro, puis s’endormait sur les équipements ou disparaissait dans les herbes au pire moment possible.

C’est à cette période que Félicia commença à passer de plus en plus de temps ailleurs.

Dans le village vivait un homme que tout le monde considérait comme un peu à part : Ilsoari Gandethus. Érudit excentrique, il gérait à la fois un petit orphelinat, une académie improvisée et un musée rempli d’objets que personne ne savait toujours s' ils étaient historiques, magiques ou simplement étranges. Membre du conseil de la ville, il était respecté et aimé pour son savoir.

Là-bas, il n’y avait pas de discipline stricte ni de leçons de survie. Il y avait des questions. Des cartes du ciel couvertes d’annotations contradictoires. Des récits anciens racontés comme des hypothèses plutôt que des vérités. Des artefacts dont personne ne comprenait vraiment la fonction, mais que Ilsoari observait avec un enthousiasme contagieux. Félicia s’y sentait étrangement à sa place.

Elle ne chassait pas les animaux, mais les idées. Elle posait des questions que même Ilsoari trouvait parfois “intéressantes, bien que légèrement inquiétantes”. Elle restait des heures à écouter ses théories sur les étoiles, les anciens cycles du monde, et les choses qui existaient peut-être entre les couches visibles de la réalité.

Alessandro, lui, voyait cela d’un œil plus pragmatique. Il ne comprenait pas pourquoi une enfant élevée dans la forêt préférait les livres poussiéreux aux exercices de survie. Il ne comprenait pas non plus pourquoi Zip semblait toujours parfaitement à l’aise au milieu des artefacts les plus étranges, comme s’il reconnaissait certaines choses sans jamais les avoir vues.

Mais il la laissait aller.

Parce qu’au fond, même s’il ne savait pas comment lui apprendre à survivre dans le monde, il savait qu’elle survivrait mieux en étant curieuse qu’en étant brisée par des règles trop strictes. 

Et parfois, le soir, quand Félicia rentrait tard, les doigts tachés d’encre et les yeux pleins de questions, elle levait le regard vers son père adoptif, et lui racontait tout ce qu’elle avait appris dans la journée avec un air surexcité. Zip, lui, levait son museau vers le ciel lorsque la nuit tombait. Et à ce moment là, Félicia suivait son regard.

Comme s’ils attendaient tous les deux une réponse que personne dans le village n’était encore capable d’entendre.

Les années passèrent sans que Pointesable change vraiment — mais Félicia, elle, changeait trop vite pour que cela passe inaperçu.

Elle n’était plus seulement l’enfant qui observait les étoiles ou posait des questions à Ilsoari Gandethus. Elle était devenue une jeune femme qui comparait les récits anciens aux cartes du monde, qui notait les anomalies dans les marges des livres, qui parlait de lieux qu’elle n’avait jamais vus comme s’ils l’appelaient déjà. 

Elle se promenait dans le village comme une enfant curieuse, discutant de ses dernières trouvailles avec qui voulait bien l’écouter. Les chasseurs, les ouvriers, et même la tenancière du lupanar qui lui offrait toujours un verre de jus de fruits quand elle la saluait. Parfois, elle venait à la cathédrale de Desna, et questionnait Absalar Zanthus pendant des heures sur ce qui se trouvait dans les étoiles. 

Zip, lui, restait égal à lui-même. Toujours calme, toujours légèrement déplacé dans la réalité ordinaire du village, comme s’il appartenait à un endroit adjacent plutôt qu’ici.

Le petit duo était devenu une figure connue du village, comme l’enfant qui regardait les étoiles entre deux crises de “je cours partout pour dire bonjour à tout le monde”, comme la petite trouvée dans les bois, la fille d’Alessandro, ou encore simplement, Félicia et Zip. 

Mais Pointesable n’est pas une grande ville. Et bien vite, alors que la jeune fille approchait de sa vingtième année, la lueur de curiosité dans ses yeux s’était légèrement ternie, comme une chandelle qui s’éteint progressivement.

C’est Ilsoari qui, le premier, prononça le mot.

“Aventurière.”

Ce n’était pas une prophétie, ni une déclaration solennelle. Juste une remarque lancée entre deux théories absurdes sur les cycles du ciel. Mais Félicia s’y accrocha comme à une évidence.

Les histoires qu’elle lisait parlaient de terres inconnues, de ruines anciennes, de choses oubliées sous la terre et dans les étoiles. Et pour la première fois, elle se rendit compte que rester à Pointesable ne répondrait jamais aux questions qu’elle accumulait depuis l’enfance.

Alessandro, lui, avait compris avant même qu’elle ne parle.

Il voyait bien les armes qu’elle observait sans vraiment les utiliser, les cartes qu’elle étudiait sans demander la permission, les silences plus longs qu’avant lorsqu’elle revenait de chez l’érudit. Il voyait surtout Zip, qui ne s’éloignait jamais vraiment d’elle, comme s’il attendait quelque chose qui venait de l’extérieur du village.

Le jour où elle annonça son départ, la maison sembla plus silencieuse que d’habitude.

Alessandro ne cria pas.

Il ne tenta pas de la retenir.

Il resta longtemps immobile, les mains posées sur la table, comme s’il cherchait la bonne façon de parler à quelqu’un qui avait déjà commencé à partir depuis des années.

Félicia, elle, avait préparé ses affaires sans vraiment les regarder. Zip tournait autour, comme toujours, disparaissant dans les sacs, réapparaissant dans les plis des vêtements, comme si le départ était un jeu logistique plutôt qu’un événement grave.

Mais quand vint le moment de franchir la porte, tout se fissura.

Félicia s’arrêta.

Alessandro était là, plus âgé qu’elle ne l’avait jamais vraiment réalisé. Les épaules toujours larges, mais alourdies par le temps. Le regard toujours stable, mais marqué par quelque chose de plus calme, plus triste aussi.

Elle voulut parler. Rien ne sortit immédiatement.

Zip, pour une fois, resta immobile.

Et puis, sans prévenir, elle fit un pas en arrière. Puis un autre. Et enfin, elle revint dans la maison, sans élégance, sans discours, juste avec une brusque évidence émotionnelle qu’elle n’avait pas réussi à contenir.

Alessandro ne bougea pas tout de suite. Puis il la prit dans ses bras.

Pas comme un chasseur. Pas comme un homme dur. Juste comme un père qui savait que certaines choses ne se retiennent pas, même avec toute la force du monde.

Quand ils se séparèrent enfin, il posa simplement une main sur la tête de Zip, comme s’il acceptait aussi l’inexplicable dans le lot. Comme si il lui confiait silencieusement la tâche de veiller sur sa fille. 

“Faites attention à vous,” dit-il simplement. Les bras frêles de la petite sorcière enserrèrent l’ours qui lui servait de père. La pointe de son chapeau - un accoutrement offert par Ilsoari - frôla la barbe du chasseur. Une dernière caresse, un dernier câlin.

Et cette fois, Félicia partit vraiment.Pointesable resta derrière elle — petit, familier, silencieux — tandis que devant s’ouvrait un monde trop vaste, trop ancien, et déjà un peu trop attentif.

Zip, pour une fois, ne fit aucun bruit étrange. Il arrêta de s’enrouler autour de la jambe de Félicia, et se posa sur son épaule, dressé sur ses pattes arrière, curieux et attentif.

Le monde au-delà de Pointesable ne ressemblait pas aux récits d’Ilsoari.

Ce n’était ni un ensemble de terres d’aventure prêtes à être explorées, ni une succession de mystères attendant d’être résolus. C’était vaste, bruyant, indifférent. Des routes poussiéreuses où les gens ne posaient pas de questions, des villes où l’on pouvait disparaître dans la foule sans que personne ne s’en aperçoive.

Félicia et Zip apprirent cela rapidement.

Ils voyagèrent d’abord avec des caravanes — marchands, pèlerins, gardes fatigués — des gens pour qui une jeune femme et une petite créature étrange n’étaient qu’une curiosité de plus sur un long trajet. Félicia observait tout : les armes usées, les conversations interrompues, les cartes griffonnées à la hâte dans la poussière des chariots.

Zip, lui, observait surtout les coins d’ombre.

Parfois, il disparaissait trop longtemps pour une créature supposée normale. Parfois, il revenait avec de petits objets que personne ne se souvenait avoir perdus. Et parfois, il restait simplement immobile à fixer le ciel, comme s’il essayait de comprendre pourquoi il semblait différent ici.

Plus ils approchaient d’Absalom, plus le monde changeait de rythme.

Les routes devenaient plus fréquentées. Les rumeurs plus nombreuses. Les noms de lieux plus grands que les lieux eux-mêmes. On ne parlait plus de villages ou de forêts, mais de régions, de guildes, de puissances, de dangers connus. Ils montèrent même sur un bateau pour rejoindre l’île de Kortos, où se trouvait la Ville au Centre du Monde.

Absalom, elle, n’était pas une ville comme les autres.

La ville les avala sans effort.

Des portes immenses, des quartiers empilés les uns sur les autres, des voix venant de partout et de nulle part à la fois. Félicia resta un moment immobile à regarder les flux de gens, incapable de décider où poser son regard en premier.

Zip, lui, marcha droit devant, comme s’il savait déjà où aller.

Ils cherchèrent d’abord des informations simples : travail, contrats, guildes. Très vite, un nom revenait plus souvent que les autres parmi les mercenaires et les voyageurs.

Une guilde. Connue. Organisée. Efficace. Pas la plus ancienne, mais déjà suffisamment réputée pour attirer ceux qui voulaient survivre autrement que par hasard.

On parlait de missions dangereuses, d’explorations de ruines, de protection de convois dans des zones où même les cartes hésitaient à être précises. On parlait surtout d’un groupe qui acceptait des profils… atypiques, tant qu’ils étaient utiles.

Félicia n’hésita pas longtemps. Le voyage avait usé ses dernières ressources.

Elle n’avait ni fortune, ni nom reconnu, ni passé prestigieux — seulement des compétences encore incomplètes, une curiosité dangereusement bien développée, et Zip.

Et ainsi, sans grande cérémonie, sans révélation spectaculaire, Félicia entra dans une guilde de mercenaires déjà connue dans tout Absalom.

Ravel.

Un nouveau départ, une nouvelle vie. Et loin, au nord, à Pointesable, son père ressentit un petit picotement dans sa poitrine. Comme si il avait compris que sa fille avait trouvé un nouveau point d’accroche dans sa vie. Et il adressa une prière à Desna et Erastil, qu’ils veillent sur sa petite fille.

Card image
Race
Human
Genre
F
Lieu de Naissance
Non loin de Pointesable, Varisie ?
Taille
137
Poids
39
Peau
basanée
Cheveux
pâles comme la lune
Yeux
dorés comme le soleil